Arthur, le chien couronne assis sur un ballon

L'assistant qui dit « je ne sais pas »

Arthur vit sur le bureau. Il répond en une milliseconde avec ses propres règles, appelle un grand modèle seulement quand il le faut — et refuse d'inventer quand il ne sait pas.

Pourquoi il existe

J'ai demandé à mon assistant : « c'est quoi la tour ? »

Il m'a répondu le cycle de reproduction du VIH.

Rien n'était cassé. Le mot français tour se cachait dans tournement, au milieu d'un document médical qu'il avait avalé. Il a trouvé, et il a répondu avec un aplomb total.

Le défaut n'était pas « le modèle n'est pas assez malin ». Le défaut, c'est que le modèle ne dit jamais qu'il ne sait pas. Tous les assistants que j'utilise préfèrent inventer une réponse plausible plutôt qu'avouer un trou.

Pour un compagnon posé sur un bureau toute la journée, qui lit une vraie machine et raconte ce qu'il y voit, ce n'est pas un petit défaut. C'est tout le problème.

Arthur est construit autour d'une seule règle : il préfère ne rien dire que dire quelque chose de faux.

Comment il décide

Les cinq étages d'Arthur, avec le temps de chacun
Il ne monte d'un étage que si celui du dessous n'a rien d'honnête à dire.

Le dernier étage est le cœur du projet. « Je ne sais pas » n'est pas un échec : c'est une arrivée légitime. Si rien au-dessus ne peut répondre vrai, Arthur le dit et s'arrête.

Demandez-lui une question de santé, il refuse net. Demandez-lui la couleur du chapeau d'un voisin, il dit qu'il ne peut pas savoir. Coupez sa connexion au serveur, il dit « je n'ai pas pu regarder » — il ne comble jamais le silence par une supposition.

Il lit une vraie machine

Ses outils mesurent à l'instant, ils ne récitent pas une réponse gardée :

> qui est en ligne ?

Sur la tour (le serveur qui porte le site) :
   · pandemonium            Up About an hour
   · petit-braignak         Up 47 hours
   · tour-caddy-1           Up 41 hours
   → 8 en marche.

A la maison :
   · le cockpit — porte 8790
   · le cerveau qui reflechit ici — porte 8081

Un deuxième outil regarde la santé du serveur : depuis quand il tourne, sa charge, la place sur son disque, ce qui est tombé, et si les pages s'ouvrent. Puis il tranche.

La première fois que je l'ai lancé, il a trouvé une panne

Le tableau de bord de mon propre serveur répondait « introuvable ». Je ne le savais pas.

Le choix du grand modèle

Les quatre modèles NVIDIA Nemotron comparés
Trois épreuves : une facile, un calcul, et un piège où la seule bonne réponse est « je ne peux pas savoir ».

Le gagnant est plus lent de 163 millisecondes que son concurrent direct. Et il ne devine pas. Pour un projet bâti sur le refus d'inventer, le choix n'était pas serré.

Ce que j'ai trouvé en chemin

Le tableau des réponses vides selon la place donnée
Un des modèles rend une réponse vide quand la place manque — et rien ne le dit.

Certains modèles réfléchissent d'abord. Si on ne leur laisse pas assez de place, toute la place part dans la réflexion, la réponse n'est jamais écrite, et ce qui revient est vide. Le programme qui appelle plante sans comprendre pourquoi.

Arthur le dit maintenant, au lieu de planter — et il ne rend jamais les brouillons du modèle comme si c'était sa réponse.

La preuve

85 contrôles verts, dont la moitié vérifient qu'il refuse
La moitié des épreuves vérifient qu'il refuse.

Le contrôle qui compte le plus casse la connexion au serveur exprès, puis vérifie trois choses : qu'il avoue n'avoir pas pu regarder, qu'il n'invente aucun nom, et qu'il ne dit surtout pas « tout va bien ».

Une porte qui n'a jamais rien refusé ne garde rien.

Mes propres contrôles m'ont menti deux fois

L'un comptait une réponse hors sujet comme juste, parce que le mot « aucun » apparaissait dedans. L'autre comparait la longueur d'un texte à 60 au lieu du texte lui-même.

Les deux étaient verts. Un contrôle vert qu'on n'a jamais essayé de casser est une décoration.

Ce qu'il sait faire, et ce qu'il ne sait pas

Ce qu'il fait
Répondre depuis ses règles1 à 5 ms
Calculer1 ms
Regarder qui tourne sur le serveur670 ms
Appeler le grand modèle891 ms
Refuser, et dire pourquoi1 ms
Réparer une panne tout seulpas encore
Déployer une applicationpas encore

Les deux dernières lignes sont la suite du travail. Les écrire ici plutôt que les taire, c'est la même règle que celle d'Arthur.